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De la musique plein les yeux


L'homme et l'oeuvre sont attachants tant ils ne font qu'un. Rien d'étonnant à cela lorsque l'on visite le parcours de l'artiste. La musique sous toutes ses formes , il ne l'a jamais quittée. Et cette dernière le lui rend bien.
D'abord en Argentine dans les années 70's, il dirige les enregistrements de nombreux artistes de renom : Tarateno Rojas, Gustavo Bettelman , Juan José Mosalini, Jaime Roos, Tchango Farias Gomez...Puis, chassé par la dictature de Videla, il se retrouve en France où il organise la diaspora artistique, une sorte de résistance culturelle pour de très nombreux musiciens sud américains, avec lesquels il produit entre autres des albums comme "Lagrima", "Tango Rojo", ou "Aquello". Ainsi il marque durablement l'histoire musicale de l'Amérique Latine. Les années 80's, il les consacre principalement aux musiciens français : Hubert Félix Thiéfaine, Dan Ar Braz, Malicorne.
Il quitte alors la production pour présider le premier grand lieu de création et de répétition musicale à Paris, Campus, d'où émergent successivement l'essentiel des scènes rock alternatif, funk, puis rap.
Enfin, il est l'auteur de plusieurs essais musicologiques comme "jeunes, musique et médiation" ou "les musiques-sons".

Alors en 2000, lorsqu'il renoue avec les arts plastiques, Jacques Subileau a de la musique plein les yeux, et lance son projet " musique en soi ", une sorte de grande fresque icônophonique une interprétation originale des richesses inhérentes à l'histoire de la musique et aux fantastiques évolutions qui l'ont traversée au cours du XX° siècle. Ses travaux de plasticien ne procèdent pas uniquement de l'ordre esthétique : il s'agit pour lui d'accrocher de l'image aux mondes des sons qui nous accompagnent et qui nous habitent. Pour lui, l'harmonie des sons et des couleurs procèdent de la même fonction , et comme Kandinski, il pense que la peinture est une sorte de diapason qui permet d'accorder l'homme , de le préparer à l'expérience musicale. Son oeuvre met en scène des idées concernant la synthèse des arts ; ainsi dit-il volontiers " la musique mérite que la peinture lui parle et vice et versa ".
Les sons comme les couleurs forment des paysages agréables ou déplaisants, légers ou puissants, chauds ou froids, audibles ou inaudibles, ils pénètrent de manière décisive les communautés humaines. La musique vue de l'intérieur par Jacques Subileau me fait dire que si celui-ci croisait un jour le petit prince, celui-ci à coup sûr lui demanderait de lui dessiner la musique, toutes les musiques.


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